mercredi 7 décembre 2011

La «concordance», encore un fleuron de français fédéral ?

Je vais me contenter de citer mon billet d'humeur du 30 août 2009 :
«
Je rêve de...  concordance

La  « notice d’emballage »,
« notice d’emballage »,
« notice d’emballage »,
« notice d’emballage »,    …    a s s e z    !
_____________________________________________________

L’actualité nous offre sur un plateau un autre exemple de   f r a n ç a i s   
f é d é r a l  :  la concordance.

Comment ?  C’est simplement du français ?  En apparence, oui ;   mais dans 
l’acception de :
                           « mode de cohabitation multipartis »       définissant 
la composition du Conseil fédéral, c’est bien un trublion linguistique du type secours 
routier (dans l’acception du Touring Club Suisse), autre terme à l’origine de mes 
actions (auprès des cantons romands – cf. mes lettres de 2005).
La genèse probable :  les Alémaniques ont trouvé Konkordanzdemokratie plai-
sant (abrégé en Konkordanz,  lequel terme n’existe pas en langage courant ). Les 
barbiers-chirurgiens de la suissitude linguistique ont ensuite découvert la ressemblance 
entre Konkordanz et concordance (prudemment, l’appellation démocratie de 
concordance a été co-inventée). 

Et depuis, on nous rabâche la concordance – il y a même des 
variantes – chaque fois qu’une élection au Conseil fédéral approche.   

La concordance, en langage courant, se définit dans le sens n° 1  donné ici : 
CONCORDANCE  n. f.  1.  Conformité de deux ou plusieurs choses entre elles ;  correspondance, 
accord.  Concordance de témoignages.  2.  GÉOL.  Disposition parallèle des couches sédimentaires, témoi-
gnant d’une continuité de leur dépôt.  3.  PHYS. Concordance de phases :  état de plusieurs  vibrations 
sinusoïdales synchrones dont la différence de phase est nulle.  4.  GRAMM. Concordance des temps :  
Ensemble des règles de syntaxe suivant lesquelles le temps du verbe d’une subordonnée dépend de celui 
du verbe de la principale.  5.  Concordance biblique :  index  alphabétique systématique des mots employés 
dans les livres bibliques avec l’indication, pour chaque terme cité, des passages où on le rencontre. 
Le Grand Larousse illustré  (en 3 volumes et 1 CD-ROM)  [2005] 

En allemand, cela correspond à  Übereinstimmung ;  ce n’est pas de la  Konkordanz.   

Avec du temps et des moyens (humains), je vais peut-être un jour pouvoir me mettre sur la piste de 
cette nouvelle manipulation linguistique à la suisse (il y a des spécialistes à interroger…). 
»

Je note encore que ce billet a donné lieu à des réactions constructives de la part de 
correspondants de l'association Défense du français.

dimanche 4 décembre 2011

Des archives d'il y a quelques mois de francaisfederal.romandie.com

«
Pauvre Suisse romande:  curieuse panne linguistique  (26 mars 2011)


Curieuse panne linguistique, en deux temps (sans jeu de mots), apparue dans le 
quotidien « Le Temps »  (apparue ?  Tout semble montrer qu’on l’a effectivement laissée 
apparaître).

J’ai attendu quelques jours, pensant que la rédaction rectifierait ou préciserait le propos, ou qu’un lecteur s’exprimerait dans le courrier. À ma connaissance, rien. 


Le 7 mars dernier, on pouvait lire dans les pages du «Temps », sous le titre Populisme: les mots pour le dire,  un compte rendu des propos tenus le 5 mars en public lors d’un débat  « L’Europe à 
la botte des populismes » (dans le cadre du Festival du film et forum international sur les droits humains).

Ce qui a dû frapper le lecteur, c’est la mise en évidence, à la manière d’un sous-titre, donc bien visible sur la page du journal, d’une citation de quelques propos de Mme R. Dreifuss, ancienne présidente de la Confédération : 
«La question de l’initiative sur les minarets était non seulement salope mais aussi 
stupide »


Salope ?   Selon les dictionnaires ,  substantif féminin,  etc.

Salaud, salope, saloperie ?   Que les mots de cette famille venaient-ils faire là ?  D’autant que la gradation 
des qualificatifs dans la phrase  « …   non seulement xyzxyz  mais aussi stupide » suggérait un adjectif « xyzxyz » moins fort que  «stupide».

L’explication pourrait bien être la suivante :  il existe en…  allemand un adjectif salopp.  Ses nombreux sens sont très éloignés de celui de nos  salaud, salope, saloperie .


À la lumière ce qui précède, l’adaptation française des propos de Mme Dreifuss pourrait être :

«La question de l’initiative sur les minarets était non seulement  incongrue  mais aussi 
stupide »

»